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T'as tes Tongs ?

World famous as "Got your flip flop ?" Quebecoise famous as " T'as-tu tes gougounes ?"

Publié le par MariTo et Bastien
Publié dans : #nepal
Janakpur, pur quoi ?

Après le calme du Chitwan, le silence propice à l'observation des animaux, l'atmosphère familiale du Crocodile safari Lodge autour de Ramesh et ses cigarettes bizarres, on décide sur une brillante intuition de se rendre à Janakpur à la frontière indienne, berveau de l'amour entre nos héros, Rama et Sita.

Passons sur le long trajet en bus et arrivons à la gare... où nous ne nous arrêtons sur les conseils avisés du contrôleur qui souhaitait en fait nous amener jusqu'au bureau de sa compagnie, dans un coin miteux, au milieu de baraques écroulées et de tas d'ordures sur lesquels paissent de paisibles vaches. Là, le seul hôtel minable nous demande un prix exorbitant. Nous passons notre chemin et continuons confiants, lourds de sacs à dos mais plein d'espoir d'émerveillement et nous nous frayons un passage dans la boue saturée de sacs plastiques vers la place principale grouillante d'enfants qui ont vite fait de nous encercler et de nous débiter tout leur anglais, attirant les curieux en un bel attroupement. Vite on se retrouve dans un rickshaw avec un nom d'hôtel décent. Décent mais super cher. Idem pour celui d'en face et pour le dernier concurrent. Ils entourent tous les trois un carrefour extrêment bruyant, des routes de terre caillouteuse sur lesquelles foncent des cyclo en lançant à qui-mieux-mieux leurs klaxons suraigus... Agression !

Janakpur, pur quoi ?

On continue jusqu'à un hôtel encore plus délabré où l'on parvient au terme d'une âpre négociation à trouver une chambre pourrie deux fois plus chère que notre bungalow avec wifi et eau chaude de Sauraha... le jeune de la réception nous regarde nous installer (on se dit qu'il doit bien s'ennuyer), nous demande de payer deux nuits d'avance et ceci fait réclame des sous pour se payer à manger. Finalement ce ne fut pas si difficile de résister face à un être si insistant et exaspérant.

Janakpur, pur quoi ?

Repas du soir : un délice ! Dans une gargote miteuse (évidemment) ouverte aux klaxons furieux, on nous fournit avec un presque sourire des samossas fondants ensevelis sous une sauce pois chiche-curry-curd-ketchup-nouilles frites. On s'en envoie quelques uns avant de choisir les douceurs les plus appétissantes de la vitrine pour les déguster peinards sous la minuscule couverture de notre chambre. C'était sans compter sur la visite du jeune concierge qui s'est invité, s'est emparé de la télécommande, a cherché à nous faire dire que nous étions riches (la preuve : on dormait dans son splendide hôtel où aucun nom européen n'apparaît dans le registre !) avant que Bastien ne le pousse vers la porte quand il a recommencé à nous demander de l'argent. Ensuite vient la nuit, des gens qui hurlent d'une chambre à l'autre et une télé au volume maximum vers 2 heures du matin... jusque tard.

Janakpur, pur quoi ?

Réveil groggy dans la brume épaisse qui couvre la ville et plane au-dessus des nombreux petits lacs. Suivant des indications contradictoires et erronnées, nous errons un moment. Aucun autre touriste à l'horizon. A croire que nous ne sommes pas dans le bon quartier. Les regards scrutateurs et peu souriants confirment cette impression. Les hommes dévisagent Marie crument. Pourtant si, nous sommes bien près des temples convoités, tout embrumés eux aussi.

Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...
Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...
Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...

Il y a bien quelques petites taches sur l'objectiof de l'appareil photo, ce n'est pas l'atmosphère qui sécrète ces boules noires...

Janakpur, pur quoi ?

Sita Chowk pour commencer se dresse comme un château de décor d'opéra ou une patisserie glacée de sucre et parsemée de fruits confits. Une foule dense se presse sur le parvis et s'engouffre dans l'enceinte une fois les colliers de fleurs orange, les poudres colorées et autres offrandes achetées aux marchandes assises devant le temple. Les silhouettes enroulées dans des saris de couleurs vives se dirigent résolument vers l'autel dont l'entrée est barrée par une vache qui mâchonne mollement ce qu'elle peut grapiller des offrandes. A l'intérieur, un homme du culte retranché derrière un comptoir constitue le dernier rempart contre la fureur de la foi qui pousse les gens agglutinés à lancer leurs offrandes par-dessus la tête de ceux qui les précèdent en direction de la niche où se cache la divinité. A l'exterieur, les croyants défilent, certaines appliquant leur visage sur un mur qui fut blanc, mur de l'autre côté duquel se trouve la fameuse niche. Le mur s'en trouve tout bariolé. Plus loin un homme rase le crâne de petites filles tandis qu'un autre à l'air revêche est paré comme une danseuse et tourne sans enthousiasme au centre d'un cercle dont il extrait parfois une gamine hurlante pour la faire tourner dans ses bras quelques instants, l'air encore plus ennuyé.

Janakpur, pur quoi ?Janakpur, pur quoi ?
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Janakpur, pur quoi ?

Non loin, nous rentrons par l'arrière dans le temple de Rama : le chemin des mendiants estropiés exhibant leur manque et amputation dans l'espoir de recevoir ce qui n'a pas été laissé en offrande. Plus calmes, les croyants ici parsèment de fleurs et de feuilles les blocs de pierre d'où émergent des lingas, puis ils versent un peu d'eau sur ce phallus symbolique.

Janakpur, pur quoi ?
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Janakpur, pur quoi ?

Il nous reste à trouver le temple d'Hanuman, almors que l'épaisse brume commence enfin à se dissiper et laisser percer quelques rayons de soleil comme pour mettre un terme à l'ambiance d'un autre monde de cette matinée. Le lac que l'on contourne est bordé de déchets, de mousse verte et de lavandières. Il nous faut une pause !

Janakpur, pur quoi ?Janakpur, pur quoi ?
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Nous nous mettons en chasse d'un billet de bus pour Katmandou, nous ne resterons pas dans cette ville bruyante et oppressante, même si peut-être qu'avec le temps on s'y habitue... Dans un hôtel bien plus luxueux que le nôtre on accepte de payer le ticket 10% plus cher pour se prémunir de toute entourloupe du concierge de notre Surya Hotel. Un seul départ est prévu le matin : RDV à 5.00 devant l'hôtel chic où le veilleur de nuit se chargera de nous trouver un rickshaw. Nous n'aurons plus alors qu'à lui montrer le papier sur lequel ils ont très obligeamment écrit le nom de la gare des bus où nous devons nous rendre. De retour à l'hôtel, un autre jeune souhaite nettoyer la chambre. Peu confiants, nous refusons mais le laissons vider la poubelle : pour ça aussi il faudrait payer... Fuyons !

Janakpur, pur quoi ?

Destination le temple d'Hanuman où se trouve l'incarnation du dieu dans la peau d'un singe que les gens prennent plaisir, semble-t-il à gaver, jusqu'à ce que mort s'en suive. Après maints détours par des quartiers délabrés, abandonnés pour partie aux énormes truies hirsutes, par le terrain vague où chiens, porcs, chèvres et vaches se nourrissent entre les parties de cricket, nous trouvons enfin le temple, sans singe. Il faudra bien double dose de kulfi pour nous consoler !

Janakpur, pur quoi ?Janakpur, pur quoi ?
Janakpur, pur quoi ?Janakpur, pur quoi ?

La nuit fut particulièrement calme à l'hôtel, jusqu'à ce qu'un furieux décide de faire profiter tout le monde de sa radio. Entre de nombreuses fréquences dont nous n'aurons que des bribes, son choix se porte sur une espèce de dramatique : des voix très exagérées rappellent nains, géants ou génies se donnant la réplique dans le plus pur style guignol entre deux effets sonores sensés vraisemblablement évoquer la magie. Ca a duré un temps infini et personne n'a rien dit, au point que j'ai pensé que c'était un piège pour nous faire sortir de la chambre et nous attaquer... Excellente nuit donc qui prit fin à 4:20. Quelques minutes plus tard, quelqu'un a parlé et la radio s'est arrêtée.

Des idées de vengeance ont fleuri dans mon cerveau insomniaque ("J'assume seule la responsabilité de ces mauvaises pensées." Marie) : laisser des trucs dégueu sous les draps en partant, vomir dans les coins de la pièce etc. Mais, esprit du mal pusillanime, notre vengeance a consisté en partant à laisser la télé allumée, et encore, tout doucement... Pour sortir de l'hôtel, il a encore fallu réveiller le concierge, supporter qu'il aille inspecter la chambre et supporter presque sans s'énerver qu'il demande de l'argent devant chacune des trois portes fermées à clef qu'il nous fallait franchir pour nous retrouver dans l'opaque brume nocturne, absolument seuls...

A l'hôtel Welcome où devait nous attendre le veilleur de nuit, personne. On a eu beau crier, secouer la grille comme des damnés, pas de trace de vie. Le temps passait. Parfois une ombre ou deux émergeant de la purée de pois se distinguaient dans le halo du réverbère pour disparaître à nouveau comme des zombies de Walking Dead. Heureusement un jeune gars a lu pour nous le précieux papier qu'on nous avait donné : "Rama temple". Nous nous rendons pour ne rien trouver. Ombres perdues dans la brume, on marche au hasard, se rappelant un vague temple où on a vu des bus la veille. Sur le chemin, on trouve un petit mec hirsute en train de se chauffer les mains sur un tas de cartons en feu. Il nous a guidé à travers toute la ville, s'arrêtant parfois exigeant d'étranges rituels pour redémarrer : mains jointes devant Sita, poings croisés plus tard et enfin tapes du plat de la main sur la tête : on aurait fait n'importe quoi pour échapper à ce cauchemar ! Le bus n'était pas encore parti, sauvés ! A nous Katmandou !!

Bon, restons positifs, l'expérience fut intéressante : on ne peut pas n'être que des touristes choyés à longueur de temps... On a vu quelques belles splendeurs d'un temps passé et puis c'est aussi qu'on n'était pas préparés à ça... Peu convaincant hein...

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Elise 11/01/2013 11:27

c'est bien ça, ça donne un certain malaise tout ça et on est content de savoir que vous avez réussi à vous échapper !

Foufa 31/12/2012 10:41

Au fur et à mesure de la lecture, un malaise profond et de la crainte m'ont envahit...J'attends avec impatience le prochain article avec des gens tous mignons et accueillants comme vous avez rencontré tout au long de votre péiple, il fallait bien des exceptions qui confirme la règle ;)
Take care and safe!
Bizette

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