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T'as tes Tongs ?

World famous as "Got your flip flop ?" Quebecoise famous as " T'as-tu tes gougounes ?"

Publié le par MariTo et Bastien
Publié dans : #Sri Lanka
Les mystères s'enchaînent à Colombo, Inspecteur !

(Un titre exceptionnel d'humour, qui prouve bien que ce pays nous met dans une joie indicible... et aussi que la bière est moins chère. Ca tombe bien !)

On a attrapé ici un bout de la queue de la mousson... on se demande toujours lequel...

La ville s'étend le long de l'océan, gris acier comme il se doit pour un océan les jours de pluie, qu'il soit d'Atlantique ou Indien. Cette ouverture sur la mer c'est Marseille, avec les stigmates des bâtiments rasés en front de mer pour pouvoir agrandir la route et les papiers peints des anciens séjours qui restent collés aux murs.

Derrière, dans les ruelles, les maisons ont de coquets jardins, des fenêtres à l'anglaise et des rideaux épais. Ajoutons pour faire bonne mesure la pluie sur les façades colorées et ça, c'est pour le côté Londres.

La touche particulière c'est la magie locale, les banians dont les branches pleuvent sur les trottoirs impeccables, les palmiers droit à la conquête du ciel et la trouble humidité partout.

La magie c'est les esprits, la loi des séries, les coïncidences, les bizarreries, les malédictions (chacun pioche dans la liste selon son humeur) de la guesthouse Parisare dans le très élégant quartier des ambassades et des demeures de dignitaires, Cinnamon Garden.

Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...
Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...
Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...

Un peu de Marseille où les corbeaux auraient remplacé les mouettes, où le foot ne serait plus la seule religion et où l'air océan bercerait la végétation...

Les mystères s'enchaînent à Colombo, Inspecteur !

La propriétaire des lieux était à la messe quand nous sommes arrivés, on a donc découvert sa maison et ses deux domestiques avant elle. Deux vieilles Sri Lankaises parlant à peine anglais, sombres, les yeux cernés, tassées-bossues par le temps et le travail, tout sourire. Une plus délicate et discrète, l'autre munie de bras immenses et solides, prête à tous les travaux, suivie à la trace par un chaton amoureux à qui elle file des trempes mémorables, après un temps d'hésitation dû à son bon cœur, mais franchement !

Les mystères s'enchaînent à Colombo, Inspecteur !

La maison est fascinante. Le portail s'ouvre sur un « garage » ouvert, derrière lequel se proposent une première banquette en bois et une petite table basse ouvragée. De là part l'escalier en colimaçon bétonné mais derrière... un grand espace ouvert, divisé en salle à manger délimitée par deux buffets et un salon à gauche, nouvelle banquette, nouveaux coffres, embarras de bric-à-brac d'un autre temps veillé par les portraits de la famille sur 7 générations : soupière de Limoges, services en étain avec coupe, soucoupe, saucier, brocs raffinés, anses fleuries, moutardiers, plateaux ouvragés couverts de poussière grise, vases en verre, en cristal, biseautés, colorés, sculptures d'athlètes grecs et de nymphes à la peinture écaillée, chandeliers d'un mètre de haut, boîte à tabac, verres à pieds au liseré doré, vasques au liseré doré, tasses, sous-tasses et des armées de couverts de toute taille, fourchettes au nombre de dents exotique, crucifixion en plâtre peint, tableaux miniatures de la Cène, buffets à portes de verre pour l'exposition des trésors, malles hollandaises en bois massif incrustées de plaques métalliques, coiffeuse raffinée, lampes baroques, abat jour en pot de compote.

L'étage où se trouve notre chambre est un courant d'air. La pièce centrale est ouverte aux quatre vents. Toujours les banquettes, toujours les impressionnants portraits des aïeux dont un fait chevalier par le roi d'Angleterre, la télévision et les bibliothèques pleines de livres à la couverture vermoulue. Quelques marches mènent aux chambres qui furent celles des enfants, qui sont les nôtres. A nouveau des espaces immenses et des rideaux colorés qui volent entre les beaux meubles.

La dame qui régent ce royaume est veuve depuis 3 ans. Les yeux très cernés aussi, les cheveux rares teints en noir, vieille dignité ralentie par l'âge, elle nous raconte tous les portraits dans un anglais lent à l'accent épicé. Famille Sri Lankaise très liée aux Anglais : le gouverneur Général était à son mariage en 1953, et un des petits garçon d'honneur était le futur premier ministre, chef actuel de l'opposition (comme si on pouvait s'opposer à ce sympathique président moustachu qui ressemble à un chanteur soul des années 70 ou au chef de la police dans The wire, dont les portraits tout sourire, bras dressés, star bonhomme ornent les murs de l'aéroport, de la gare, de la poste, de tous les lieux publics...) Bref une maison enchanteresse, pleine d'histoires, de vieux visages et de vent.

Les mystères s'enchaînent à Colombo, Inspecteur !

Serait-ce un esprit malicieux qui a coincé notre porte le premier soir ? Maybe. attaquée à la machette, au couteau de cuisine, dévissée, frappée, la porte n'a pas cédé sauf sous l'influence du vieil homme de main de la famille qui a su la rassurer...

C'était peut-être un autre fantôme, plus amateur d'eau qui a fait déborder le réservoir des toilettes le lendemain matin inondant salle de bain et chambre pour notre réveil. On a épongé ça avec la dame au cht, toujours tout sourire. Esprit calmé jusqu'au soir, mais au matin, pour le départ, dernier clin d'oeil : le robinet sur le bord de l'évier est resté dans la main de Bastien et une belle fontaine a jailli ! On a épongé un peu et on a fui ; la dame au chat épongeait en riant toujours...

L'incroyable maison...
L'incroyable maison...L'incroyable maison...

L'incroyable maison...

Les mystères s'enchaînent à Colombo, Inspecteur !

On nous avait déconseillé Colombo mais la ville nous a beaucoup plu. Les jardins publics à la cannelle, les petits écureuils partout, l'océan y sont pour beaucoup mais c'est surtout la gentillesse des gens et l'accueil chaleureux, les gens avenants et généreux, drôles sans forcément d'arrière-pensées commerciales est un délice... comme la nourriture un poil épicée dont on vous parlera plus tard. Ceux qui arrêtent leur jogging tracté par le chien pour nous aider à trouver notre chemin, ceux qui nous ramènent gentiment de la sauce plus piquante pour nos pains, ceux qui viennent à notre secours dans les supermarchés où on ne comprend pas tout, les jardiniers qui viennent nous parler de toutes les plantes et de toutes les fleurs...

Petit plus bonheur qui fait qu'on les aime encore plus que plus : le balancement de tête, comme pour dire "non mais tu dis n'importe quoi" qui veut en fait dire "oui". C'est absolument craquant !

Pour l'instant au triangle culturel, on cavale après les ruines et on resquille en vrais aventuriers...

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Jc 11/09/2012 13:18

Bravo mon inspecteur Djam est jalouse car elle savait pas pour le blog c est prof oublié tout envoi lui un petit mot si tu peut je vous embrasse

Djam 13/09/2012 15:54

Jalouse ... jalouse ... faut pas exagérer ... Je suis juste outrée, révoltée, vexée comme un pou !!! Mais ça commence à passer, j'ai commencé la lecture, dans l'ordre, suis à Bali, pas mal d'être un peu à la traine ... Biz
Djam

Kattekitte 08/09/2012 10:02

Délectation absolue de lecture ... Et balancement de la tête tout au long du récit .
Bises bises

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