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T'as tes Tongs ?

World famous as "Got your flip flop ?" Quebecoise famous as " T'as-tu tes gougounes ?"

Publié le par MariTo et Bastien
Publié dans : #laos
Luang Namtha : on échappe au temps

Ca nous menaçait depuis notre arrivée au Laos : on a perdu le temps. Du moins le passage du temps. On le sentait venir depuis quelques jours déjà, cette indolence, ces grasses matinées, ces minutes le menton appuyé sur la main, ce flou quant à un quelconque projet... Comme une respiration qui s'appronfondit quand on est bien, voilà ce que ça fait, le Laos. Presque sans le faire exprès, au lieu de faire des treks et du kayak ou du VTT dans les "cultural villages" comme ils les appellent, on a loué des vélos pour une promenade à la cascade du coin, on a photographié les papillons, on a traqué les joueurs de boules, on s'est fait un peu massé, on a un peu mariné dans le sauna aux herbes (impression d'être plongée dans une tasse de thé géante) et c'est tout !

Les jours suivants, on a dormi, mangé des soupes pour soigner le rhume nul et cherché des records aux yams (311 points à battre). A la laotienne...

Luang Namtha : on échappe au temps
Luang Namtha : on échappe au temps

Les femmes de l'éthnie Akha, reconnaissables aux sequins dans leur coiffe, on les a vues un peu dans le village d'à côté qui revenaient de la forêt et beaucoup dans LA rue de Luang Namtha avec des centaines de bracelets à vendre, puis plus tard à la porte de notre hôtel, cachées derrière un buisson, puis à la porte de notre chambre, intriguées par les dés et enfin copine copine essayant de nous vendre de l'herbe...

Sur la route qui nous menait aujourd'hui en Thailande, on en a vu d'autres, des mamys avec la pipe en argent au bec, des plus jeunes, la bandoulière du sac sur le front qui partaient travailler dans le petit matin brumeux, marchant sur le bord des routes entre les maisons au toit de chaume des cultural villages (c'était écrit à l'entrée).

Nous, on voyait défiler la jungle et les plantations de thé au rythme doux des synthés psychés des chansons gnangan, absorbées peu à peu par les vagues de nuages dégoulinant. Ils finiront par se dissiper, ça doit être ça les "brumes matinales " de la météo. Alors on voit les rayons du soleil qui transpercent les touffes de jonc au panache blanc. On voit les arbres barbus de lierre et de lianes. On voit le linge qui sèchent devant les maisons, rangé sur le séchoir par couleur, comme dans les boîte de crayons qui ressemblent à des arcs-en-ciel. On voit les canards qui se posent sur la route comme si c'était toujours leur jardin, juste un peu bitumé et ne se déplacent que très dignement et lentement.

Luang Namtha : on échappe au temps

On traverse des villages perchés au sommet de la montagne, qui ne sont plus "cultural", peut-être quelques dizaines de familles. Comment une de ces familles vivrait-elle un trek à Marseille avec les dangers de la ville aux esprits non apaisés ? Et une nuit dans un appartement sur des matelas trop mous, avec des toilettes à un seul endroit et ded douches tout nus ??? Heureusement il y aurait l'alcool... mais pas les ancêtres sous le même toit. C'est un des arguments de ceux qui veulent aider les paysans ici : ils doivent s'occuper de leurs ancêtres et donc ne peuvent pas quitter leur village et sont condamnés à faire la même chose que leurs parents. Et dans le même élan, on vient aussi visiter les cultural villages justement parce qu'ils préservent des traditions. Difficile de tenir les deux bouts de cette corde... De quel droit les aiderions-nous à changer leur mode de vie ? De quel droit devrait-on les priver des progrès de la modernité ? ça brasse dans les cervelles !

Luang Namtha : on échappe au temps

Heureusement le deuxième cerveau, l'estomac, est serein, lui. Le soir au marché, nous avons pu déguster des soupes exquises, toujours servies avec un énorme panier de laitue, haricots, feuilles de menthe et d'une autre plante qui ressemble fort au fenouil sauvage (ceci noté pour le jour où on saura aussi la recette du bouillon succulent).

Chacun semble avoir son petit brûlot de fonte pour faire griller quelques bananes, frire quelques brochettes et mijoter l'énorme marmite de bouillon. Sur la table tout est préparé à l'avance : le bouillon, les plaques de nouilles découpées au ciseau, la sauce épaisse à la viande, la coriandre hachée, les paniers d'herbes et les quartiers de citrons verts. Une louche de ceci, une pincée de cela... Il faut apprendre à le refaire !

Tout ça pour dire quoi ? ben rien, l'esprit va à saut et à gambade en ce lieu de la douceur et en bons petits cabris des montagnes, nous nous sommes laissés prendre...

Luang Namtha : on échappe au temps
Luang Namtha : on échappe au temps
Luang Namtha : on échappe au temps

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laetitia 07/12/2012 12:44

J adore le Laos,j en suis folle amoureuse.Ma partie favaurite le Nord,flaner dans les villages,decouvrir les ethnies et la vie.Un gros bisous a vous deux les loulous!
Laetitia au Nepal et pas au sri lanka finalement1

Nous 08/12/2012 17:23

Ben ça alors, nous aussi ! Je t'envoie un mail dès demain je pense... Bisous

Djam 27/11/2012 15:53

J'en ai marre de toutes ces belles images, de cette zénitude, de cette beauté ... Ici, il pleut, le boulot est harassant, l'UMP menace d'exploser (ah, non, ça c'est une bonne nouvelle .. enfin, quoi que ... pour donner l'exemple de la démocratie, y'a mieux) ... Je suis JALOUSE !!!!!!! J'en ai marre des gens heureux !!!!! Biz quand même ! PS : bisous de Corinne

Marie 28/11/2012 04:54

Et Jc t'es un coeur... si ça n'avait pas été si lourd, je t'aurais ramené des boules de pétang (c'est comme ça qu'on dit ici) du Laos !

Marie 28/11/2012 04:50

Ma Djaminette, pire que tout : je vais te trouver un mantra ultra efficace à Katmandou, un juste pour toi (enfin du moins je vais essayer...) et je t'envoie aussi plein de bisous et, oui, il faut le dire, encore de la beauté !

JC 26/11/2012 08:25

quel poete cette marie je me delecte de tes commentaires bizz

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