World famous as "Got your flip flop ?" Quebecoise famous as " T'as-tu tes gougounes ?"
27 Septembre 2012
Au bord de la rivière des parfums, on découvre les monuments de l'ancienne capitale impériale, sous un soleil de plomb ou sous des trombes d'eau dignes de celles qui font déborder le Vieux-Port.
Le premier jour, pour la visite de la Cité Impériale qui a été en partie détruite par les bombardements français puis américains, le ciel était avec nous. Un peu trop si l'on en croit les coups de soleil sur les pommettes de Marie... Les véhicules sont interdits dans la citadelle et dès l'entrée du site on quitte la modernité bruyante. L'entrée impériale amène à l'esplanade des mandarins puis à la salle du trône, toute dorée et rouge, ornée de dragons. Derrière les « appartements » de la reine mère et des femmes sont les plus beaux, avec des jardins, des lacs couverts de nénuphars, des oiseux en cage, des portes ouvragées.
Le deuxième jour, pour la visite des tombeaux impériaux à une bonne dizaine de kilomètres de la ville, on était préparés à affronter l'adversité : crème solaire, paréo et vélo. Le parapluie n'avait pour but que de nous protéger du soleil et les capes de pluie... parce qu'on ne sait jamais. Quand il s'est mis à pleuvioter, les gens nous ont dit que ça ne durerait pas. On a entendu ça toute la journée et à chaque fois on y a cru ! Même les cheveux collés au front, même les doigts tout fripés, même les baskets comme des flaques. Faut dire qu'on s'éclatait comme des ptits fous à rouler sous les grondements du tonnerre. Et puis faut dire que c'était magnifique : la campagne autour de Hué avec la rivière des parfums qui se déroule à nos pieds et les montagnes embrumées à l'horizon, sous ce ciel gris acier, ça nous plongeait dans le grandiose !
La première tombe est celle de l'empereur Minh Mang qui a vécu au XIXème siècle. Il avait lui-même dessiné les plans du monument qui n'a été construit qu'après sa mort. Il faut imaginer les lieux sous un orage majestueux, tous les verts des arbres vibrant et brillant. Dans l'enceinte ouverte au public, une allée de 700 mètres mène de l'esplanade des mandarins sculptés aux 3 pavillons ouverts sur les lacs et les jardins alentour à travers les hautes portes laquées rouge. Avec la pluie battante, les touristes avaient déserté le lieu et on n'entendaient plus que les oiseaux. Les pavillons sont de plus en plus simples, jusqu'au dernier en haut de quelques marches. Derrière les portes, un jardin de pins et de fleurs descend vers le long pont qui enjambe le lac jusqu'à la forêt dans laquelle repose l'empereur,au-delà d'une muraille que plus personne ne franchit. C'était extrêmement émouvant d'être là, dans ce lieu si paisible, sur ce pont, sous l'orage, devant ces hautes portes. La rare puissance des escaliers couverts de mousse précédant la tombe a tiré quelques larmes, mêlées à la pluie. Le guide précise que l'empereur était un amateur de poésie à laquelle son monument rend hommage. L'endroit le plus somptueux, le plus émouvant, le plus sublime depuis le début du voyage pour Marie et l'orage n'y était pas pour rien !
Les photos ne sont pas dans l'ordre, c'est dommage... Il vous faudra faire le voyage à votre tour...
La tombe suivante, celle de Khai Dinh... était une leçon de mégalomanie ! Nous arrivons sur le site, humides comme des éponges sous-marines. Le ciel ne devait pas nous laisser de répit ; et la pluie se conjuguait dorénavant avec une marée de gens venant admirer ses façades sculptées et ses intérieurs en faïence d'un kitsch désuet et imposant. Contrairement à ces prédécesseurs, es volontés de cet empereur étaient de montrer toute sa majesté, en ne se souciant surtout pas d'harmoniser son tombeau avec la nature environnante. Il s'est installé sur une colline comme un roi monégasque et a étalé son tombeau en étages, pour qu'on le voit bien de loin.