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8 Septembre 2012
Le bouddhisme au Sri Lanka a 2600 ans. Bon signe pour eux : Marseille aussi !
Voyage dans le temps ces jours derniers au cœur des ruines des anciennes capitales cinghalaises et de leurs vestiges.
Arunadhapura
La plus ancienne capitale de l'île est Arunadhapura (on a mis quelques jours à prononcer ce nom!). Accueillis dans une petite famille charmante, on s'est bien vite senti à l'aise. Berlin nous a fait lire son livre d'or qui précisait qu'il était un très bon guide et qu'il connaissait les chemins pour nous éviter de payer les 25 dollars de l'entrée du site... Le soir, on a déguste le premier « rice and curry » dont on sent le goût jusqu'au bout car nos papilles ont réussi à le surmonter ! Et quand on peut goûter tous les parfums, c'est un délice ! C'était le deuxième fait notable dans le livre d'or : la femme de Berlin est une cuisinière hors-pair : on en a profité !
Le lendemain donc, visite des ruines en tuk-tuk en compagnie de Berlin. Nos plantes de pieds en garderont des séquelles longtemps car ce fut une véritable torture de marcher pieds nus sur les dalles brûlantes ou sur les allées de sable surchauffé, mais la découverte de ces anciens palais envahis par la jungle fut un réel plaisir. Beaucoup de dagobas aussi, les temples bouddhistes. Certains en ruine, d'autres renfermant le sceptre d'un roi ou la clavicule de Bouddha sont toujours l'objet de vénération des pèlerins vêtus de blanc.
Le ciel d'un bleu soutenu sur les photos vous laisse imaginer la chaleur qu'il faisait ce jour-là... Nous avons trouvé un peu de réconfort auprès de l'arbre de la Bodhi, un rejeton de l'arbre sous lequel Bouddha a eu la révélation, ramené en Inde par la sœur du roi il y a quelque 2600 ans. On l'arrose avec déférence, on l'orne de guirlande, on le chante, on profite de son ombre. Tout comme les singes, les écureuils et tous les animaux qu'on a croisé ce jour-là...
Pas de vrai Lion, mais c'est le nom de leur bière si bienfaisante !
Polonnaruwa
Accueillis dans la deuxième capitale (après que les rois ont dû abandonner la première suite à une invasion indienne) par un zébulon local, on se retrouve très vite pris en charge, logés magnifiquement chez une femme très prévenante et en quelques heures dans une jeep dans le parc national voisin pour voir les éléphants. Les vrais éléphants dans la vraie liberté (même s'ils voient pas mal de jeep ces pachydermes) avec aussi des oiseaux bleus, des caméléons, des mangoustes, des singes...
Les éléphants semblent danser maladroitement et lentement en frottant leur touffe d'herbe par terre pour la débarasser de la poussière. Les éléphanteaux se précipitent parfois d'un adulte à l'autre... c'était émouvant ... La savane est toujours très sèche. Les gens d'ici attendent la pluie ardemment
Le lendemain, forts de notre expérience d'Anuradhapura, nous avons loué des vélos pour visiter les parties gratuites des ruines. Et de fil en aiguille, presque dans le faire exprès, on s'est retrouvé au cœur du site des ruines sans qu'on ne nous demande rien... Un réel enchantement ! Les ruines ici sont beaucoup mieux conservées. On peut réellement imaginer les palais, les colonnes sont en place dans les salles d'audience ainsi que quelques sculptures en pleine jungle. D'anciens monastères demeurent quelques murs, des statues de Bouddha mais aussi d'autres divinités. On a même vu une cérémonie hindouiste dans un temple minuscule. Toujours des animaux partout, très peu de touristes entre les arbres, le plaisir de faire du vélos et de ne pas payer... le danger venait plus de la peur de se faire attraper mais qu'importe la forme du danger : c'est lui qui fait les aventuriers !
Les ficus gigantesques offrent terrain de jeux aux singes, ombre rafraîchissante aux vendeurs, chant mélodieux pour tous, qu'embellissent les oiseaux nombreux et mystérieux.
Un temple abrite un immense Bouddha décapité dans un ensemble où les peintures et sculptures hindouistes demeurent, grandiose ! Une vraie féérie se dégage de ces vieilles pierres
Dambula et Sigyriya
Les derniers sites de notre voyage se situent sur la route qui devrait nous mener à Kandy. Dambula est constitué d'un ensemble de grottes dans lequel un roi s'était réfugié. Sigyriya est ce fameux rocher comme posé au sommet d'une montagne, sur lequel un monastère avait pris place (même si les Sri Lankais aiment à se raconter que c'était un palais royal...) protégé par des frelons un peu trop joueurs. Ici, des fresques de femmes très érotiques s'offrent à qui a le courage de monter l'escalier en colimaçon à flanc de montagne. Juste après, très émouvant, le mur miroir est un mur très poli sur lequel des générations de personnes ont écrit sur ces femmes, leur amour, leur désir, leur jalousie, leur poésie...