World famous as "Got your flip flop ?" Quebecoise famous as " T'as-tu tes gougounes ?"
10 Décembre 2012
Namaste !
Vol sans encombre jusqu'à la capitale népalaise, ouf ! Le bracelet béni par mémé et la chouette ont une fois de plus fait du bon boulot... On n'a finalement pas vraiment vu le temps passer durant nos 9 heures à Delhi, où nous avons mis au point quelques mimes légumiers qu'on a hâte de vous montrer... Vivement notre prochaine escale de presque 24 heures dans ce même aéroport dont nous n'aurons pas le droit de sortir...
Arrivée à Katmandou dans la nuit : pour une fois on avait réservé un hôtel, mais en bons pieds nickelés, impossible de se souvenir du nom de l'hôtel en question et bien sûr pas de connexion internet pour nous aider... Bastien pensait qu'il s'appelait « Family House », Marie penchait pour « Peace House ». Après quelques minutes de discussion avec des taximen, on a opté pour la « Family Peace Guesthouse » : banco ! Rarement (jamais?) on a été si bien accueillis ! Trois lascars qui se sont improvisés taxi dans leur voiture-pot-de-yaourt : Shushil (ce qui signifie « gentil ») au volant avec son bonnet Angry bird, Asi, « Diamant » avec son caban gris et sa coupe de cheveux de Beatles est à l'arrière avec nous pendant qu' « Amour » chante les Doors... les rues de Katmandou centre sont plus défoncées que celles de la campagne indonésienne et à peu près aussi éclairées, les petites voitures pourries et japonaises équipées de galeries évoquent irrésistiblement une station de ski et des vaches paisibles mangent les ordures dans la rue avec les chiens errants.
Dès le lendemain, on plonge dans la couleur après un petit déj typique : thé (délicieux d'épices) et café avec des pâtisseries. Et ben oui, c'est typique ! La vieille ville semble bien conservée et nous découvrons les raffinements de l'architecture newar (la principale ethnie du pays) avec ravissement. Des temples dédiés à une foule considérable de dieux surgissent de tous côtés, tous plus lumineux et fréquentés les uns que les autres. Nous rencontrons à un carrefour un jeune homme, Raju, qui se propose pour être notre guide et nous explique que les Népalais ont 3 millions de dieux pour lesquels ils organisent des fêtes sans cesse, dépensant tous leurs sous et vivant dans une constante festivité. De fait, ce jour est dédié à Ganesh et des fanfares sillonnent la ville et le soir, nous assisterons à une première procession de mariage avec une autre fanfare et des invités dansant follement dans la rue, pour donner une idée on imaginerait bien cette scène dans un film de Kusturica.
Des cloches sont accrochées devant chaque temple pour réveiller les dieux et les forcer à s'intéresser à notre sort. On peut aussi faire tourner les moulins de prière et prendre un peu de la poudre colorée qui reste sur les statues pour se faire le tika, cette marque sur le front ou à la racine des cheveux. On a particulièrement apprécié le temple de toutes les religions et la divinité des dents, où chacun peut venir clouer une pièce... ou aller chez un des dentistes très engageants de la rue suivante...
Même les détritus sont beaux ! On vous laisse choisir : l'affiche du dentiste ou la divinité des dents ?
Raju nous fait ensuite expérimenter le bus local... A 19 dans un mini van, on peut toujours respirer, c'est maintenant prouvé ! Nous nous rendons ainsi au stupa de Bodnath l'un des plus grand du monde, entouré de monastères tibétains, de nombreux réfugiés étant venus s'installer ici. On les voit d'ailleurs marcher autour du stupa en faisant tourner les fameux moulins. Le stûpa est aussi entouré de dizaines de boutiques de souvenirs et nous en visitons une : une école de peintres de Thanka. Les motifs sont toujours les mêmes : la vie de Bouddha, des mandalas, des icônes et la roue de la vie, Samsara, notre préféré. Le tableau se compose invariablement comme suit :
le dieux des enfers, Yamaha, tient entre ses griffes une roue qu'il mord aussi de ses longues dents. Cette roue est composée de plusieurs cercles. Le cercle extérieur représente les 12 mois de l'année et commence en janvier avec l'image d'un singe car le singe est le début de tout. A l'intérieur de ce cercle, la roue est divisée en 6 portions : les trois du bas sont les états les moins souhaitables : la vie animale, la vie de fantôme et l'enfer. Les trois du haut sont nettement plus enviables : vie humaine, vie de demi-dieu et paradis. Dans chacune de ces vies, on souffre, mais de moins en moins. A l'extérieur du cercle se trouve le Nirvana, le seul lieu éloigné de la souffrance. Au centre du cercle on trouve trois animaux symbolisant ce qu'il faut fuir : le cochon pour l'ignorance, le serpent pour la colère et un oiseau (lequel ? Le corbeau?) pour l'envie.
Raju nous avait proposé un thé avec sa famille, il nous emmène donc chez lui. Cette partie de la ville nous semblait déjà plus pauvre que le centre mais la « maison » de Raju se situe en plein bidonville. Seuls des réfugiés Indiens vivent là. Raju nous avait déjà expliqué qu'il avait quitté la grande misère de l'Inde ; nous n'imaginions pas que c'était pour se trouver dans des conditions pareilles. Chez lui, c'est seulement quatre poutres qui soutiennent des bâches et un toit. A l'intérieur, quasi rien. Sa femme nous prépare un thé délicieux. Dans quelle mesure le but était de nous montrer la face cachée de sa vie, difficile à dire. Toujours est-il que devant sa demande d'aide, nous ne pouvions pas refuser. Son métier était cireur de chaussures jusqu'à ce qu'on lui vole sa boîte. Avec l'argent qu'on nous avait confié (merci Vévé!) et un peu des sous que père Noël ne manquera pas de nous amener, nous lui avons racheté un set complet de shoe doctor. Son excitation était palpable en déballant tout ce que la boîte contenait. Nous espérons le retrouver lorsque nous reviendrons à Katmandou.
Pour se récompenser, on a dépensé des sous ! Veste et sac North Face (hum... espérons que ça tienne le mois), couverture en poil de yak, on ne s'est rien refusé pour combattre le froid. Et pour que la fête soit parfaite, friture dans la rue et restaurant de momo, les merveilleux raviolis du coin ! Prononcer leur nom suffit à nous mettre en joie, heureuses natures que nous sommes dans ce pays de l'amour...