World famous as "Got your flip flop ?" Quebecoise famous as " T'as-tu tes gougounes ?"
4 Août 2012
On a quitté Ubud pour rejoindre Gili Trawagan où nous pensions rejoindre Montse, notre espagnole, mais on ne l'a pas trouvé le premier soir. Pour se consoler, petite darne de thon grillée...
La plage semble bordée d'hôtels de luxe et de restaurants, à moitié remplis de touristes au look étudié, jeunes et riches. Au petit matin on a quand même voulu donner une chance à cette île en allant se baigner et en faisant le tour. Mais définitivement l'endroit ressemble à un aquarium pour riches, l'île aux plaisirs où Pinocchio ne doit pas rester, et pour éviter de voir nous pousser des oreilles d'âne, on fuit vers Gili Meno à la première heure le lendemain, non sans avoir pris une dernière fois le temps de nous consoler avec un bon gros calamar grillé au barbecue.
Gili Meno est plus jolie, plus sauvage, les chambres sont moins chères, on n'est pas obligés d'écouter du Bob Marley ou d'expliquer qu'on ne fume pas d'herbe et qu'on ne mange pas de magic mushrooms toutes les 5 minutes. Ce qui est en soi un avantage. Et là on apprend que les fameuses tortues qui attirent tant de plongeurs sur les côtes de Trawangan viennent en fait de Gili Meno.
Nous voilà donc installés dans une sorte de chalet, devant lequel d'innombrables poules et poulets viennent nous chanter la sérénade. Au bout du jardin se trouve le warung (mini restaurant) d'Epeng, que Sébastien séduit immédiatement en lui proposant, s'il lui prête sa cuisine, de lui cuisiner un plat français, en échange de cours de cuisine indonésienne. Marché conclu ! Hier soir ils ont donc dégusté un merveilleux poulet à la crème aux champignons, cuisiné par notre chef dans la rudimentaire cuisine sans évier pendant que Marie obéissait tremblante aux ordres de la grand mère : « makan » ce qu'on pourrait traduire par « mange ! ». Des boulettes de riz aux cacahuètes enrobées de noix de coco rapée, du urap-urap, mélange de plantes bien épicé, des bananes frites et un dessert spécial ramadan : un lait ultra sucré avec des bananes et des espèces de gros raisins. Pendant ce temps, le reste de la famille regardait la télévision abritée par un toit de feuilles tressées, rangés les uns derrière les autres comme au cinéma.
Nous avons là gagné le secret du gado-gado : la sauce est un mélange fait au blender de cacahuètes, oignons frits, sel, ail, et chili. Ca me semble bien simple, mais peut-être...
Le rythme de vie sur Gili Meno est terrible : le réveil chant du muezzin puis du coq nous tire du lit un peu tôt. Premier bain, première quête de la tortue, premier soleil ardent (et premiers coups de soleil... Allez donc faire un tour du côté du Journal de la croûte...)
Ensuite retour à la guesthouse, petit déjeuner de thé et d'omelette très savoureuse en compagnie du chat du rabbin (elle lui ressemble vraiment avec ses yeux jaunes immenses et ses oreilles de fennec) qui sait lancer des hurlements déchirants jusqu'à ce qu'on la nourrisse... Ca marche avec tous les touristes : les Tchèques, les Anglais, les Américains, les Hollandais! Un peu de lecture à l'ombre de notre bungalow ensuite, puis nouvelle baignade tant que la mer est haute. En début d'après-midi elle commence à descendre, mettant à nu des mètres de coraux morts qui vous déchirent les talons. Ce qui n'est pas le seul danger, car les coraux vivants, qui eux affleurent à la surface, entaillent votre tendre chair et s'y installent... Pour ceux qui n'ont pas peur, donc pas les parents !, c'est ici que ça commence (à suivre...)
Quand la mer est bien basse, on peut faire le tour de l'île, aller observer les oiseaux sur le lac salé, ramasser des coquillages pour faire des jolis colliers aux copines (ou aux filles des copines peut-être) et chercher le meilleur point de vue pour le sunset.
Suite à quoi, car vous l'aurez sans doute remarqué, nous n'avons rien mangé depuis cette fameuse omelette (ou presque rien...) il est l'heure de rentrer au bercail déguster la cuisine « sauvage » d'Ul, très épicée mais vraiment délicieuse. Ceci fait, il est environ... 20.00, on tient bon jusqu'à des 20.30 (!) et on va se coucher...